mighty-spear Site Admin
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Posté le: Dim Fév 17, 2008 5 31 Sujet du message: Les musiques jamaïcaines - Le Nyabinghi et le Dub... |
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Le Nyabinghi
Le Nyabinghi s’agit de musique jouée par des groupes de percussions et employée par les rastafaris, principalement pour accompagner leurs chants traditionnels liturgiques.
Il s’agit également d’un ordre rastafari, à l’image des Twelves Tribes of Israel ou de l’ordre des Bobo Shantis. Mais contrairement aux autres ordres, ce mouvement n’est pas hiérarchiquement organisé mais communautaire (il n’y a donc pas de chef).
Basiquement, un groupe nyahbinghi se compose de trois tambours différents. Le funde marque un rythme qui se rapproche des deux coups du battement du cœur humain (en terme technique, le funde joue les premier et deuxième temps d’une mesure de quatre temps). Le tambour basse, joué avec un maillet, joue le même rythme que le funde, en y ajoutant des variantes rythmiques. Enfin, le repeater, plus petit et joué aux doigts, crée des variations en jouant plus rapidement (en croches).
Les tambours employés sont proches des tambours africains issus des traditions burru et kumina. Les rastas nient en général l’influence kumina car elle renvoie à un culte africain permettant la communication avec les morts. Or, les rastas se targuent de n’entretenir aucun contact avec la mort, c’est d’ailleurs la raison de leur régime végétarien (ils parlent de cadavres en désignant la viande).
C’est à un rastaman, Count Ossie, que l’on doit l’invention du style nyahbinghi.
Né en 1926, Il fonda en 1951 un camp rasta à l’est de Kingston, la capitale de la Jamaïque. Mêlant alors l’héritage africain des rythmes burrus, appris auprès d’un maître du genre, et ses connaissances personnelles, il créa ce style si particulier.
À cette époque, l’île était en pleine effervescence musicale. De nombreux musiciens allèrent au camp de Count Ossie et apprirent avec lui le style nyahbinghi. Parmi ces musiciens, les futurs Skatalites: Tommy Mc Cook (saxophone), Don Drummond (trombone), Ernest Ranglin (guitare), Johnny Moore (trompette) ou Roland Alphonso (saxophone). Les percussions nyahbinghi se mariaient très bien avec les influences jazzy des cuivres. Cette formule fut d’ailleurs employée par les Mystic Revelation of Rastafari, l’un des groupes du maître Count Ossie. La musique créée par Count Ossie eut une influence certaine sur les musiciens qui, par la suite, accompagnèrent la plupart des interprètes de l’île.
Count Ossie, accompagné de divers groupe de percussions qu’il créa, apparu sur de nombreux enregistrement dès 1961. Il participa notamment à l’enregistrement de la chanson Oh Carolina, créditée au Count Ossie Afrocombo et aux Folkes Brothers et produite par Prince Buster en 1962.
Plus tard, Count Ossie enregistra plusieurs albums avec un nouveau groupe, les Mystic Revelation of Rastafari. L’exemple de Count Ossie fut bientôt suivi par Ras Michael qui monta également un groupe avec lequel il enregistra plusieurs très beaux albums où les percussions nyahbinghi se mêlaient aux sons des cuivres et soutenaient les chants traditionnels.
Le style nyahbinghi reste toujours présent dans la musique jamaïcaine et de nombreux chanteurs et DJ’s rastas contemporains en incluent un morceau sur leurs albums, quand ce n’est pas une série de riddims influencés par le style nyahbinghi qui est créé.
Le Dub
Etymologie
L'appellation « Dub » aujourd'hui accolée à ce genre musical, ne possède pas d'origine clairement définie et un grand nombre "d'inventeurs" peuvent toujours s'attribuer la paternité du nom. Cependant, il est très possible que le mot « Dub » soit né de la contraction d'un des termes suivants :
* Dubbing : procédé consistant à transférer un format (audio ou vidéo) d'un support sur un autre, le plus souvent dans un but de restauration et de sauvegarde.
* Dubplate : disque acétate produit avant le pressage final en vinyle. Ils étaient utiles afin d'affiner les réglages studio et servaient de "test" auprès du public, sous l'impulsion des sound-systems.
* Double : en raison du nombre important de versions différentes, pouvant être éditées à partir d'un même riddim.
La création du dub fut au départ une erreur. Comme expliqué dans un chapitre précédent, les enregistrements étaient toujours testés en sound system avant d’être éventuellement produits en plus grand nombre. Pour ce faire étaient pressés des dubplates, des disques gravés dans de l’acétate en un unique exemplaire. C’était à l’époque une pratique courante pour les patrons ne possédant pas de studio d’acheter des dubplates de succès du moment Un jour de 1967, un certain Ruddy Redwood, patron d’un important sound de Spanish Town, fit graver un dubplate d’un succès rocksteady de Duke Reid.
Par erreur, l’ingénieur du son omit d’inclure les vocaux sur le dubplate. Redwood le joua tout de même dans son sound system et le disque remporta un franc succès. Le son dépouillé, où la basse et la batterie étaient mises en avant par l’absence de vocaux, semblait plaire au public. Ce succès poussa Ruddy Redwood à recommencer avec d’autres chansons.
Ces pistes instrumentales de chansons déjà enregistrées prirent vite le nom de versions (le premier album de U-Roy s’appelait Version Galore (= un paquet de versions). Redwood perfectionna le procédé en ajoutant plusieurs fragments des pistes vocales originales.
Le concept fut rapidement repris par d’autres sound systems. Parmi ceux-ci, Hi-Fi Hometown dont le propriétaire, un certain Osbourne Ruddock, allait bientôt être connu comme l’inventeur du dub sous le nom de King Tubby. Il reprit le principe des versions appliqué par Ruddock mais lors de la gravure sur acétate, il ajouta aux vocaux des effets sonores comme de la réverbération ou de l’écho. Ce faisant, il se servit de la table de mixage de manière créative, entraînant une petite révolution. Les retombées de cette révolution furent immenses et menèrent aux musiques électroniques où le mixage est une part prépondérante du processus créatif. Mais King Tubby ne s’arrêta pas à cette innovation. En 1970, il acquit une machine à graver des dubplates qui lui permit de vendre ses dubs aux sound systems. En 1971, il travailla pour divers producteurs afin de finalement pouvoir s’acheter un enregistreur deux pistes puis un quatre pistes, ce qui lui permit d’expérimenter des effets sans graver le mix sur dubplates et de mieux séparer les éléments. Ce faisant, il raffina le dub et en fit un véritable art. Bricoleur, il modifia sans cesse son matériel, y introduisant divers effets. Il était alors contacté par la plupart des producteurs de l’île pour qui il réalisa des versions dub de nombreux classiques du reggae. Il remixa notamment des versions du producteur Lee Perry qui furent regroupées dans Blackboard Jungle Dub, un des premiers albums de dub (1973). King Tubby participa par la suite à un nombre infini d’albums de dub.
Rapidement développé par des artistes tels que Lee 'Scratch' Perry, Bunny Lee ou Jah Shaka jusqu'à lors preneurs de son de groupes de reggae, le style va se caractériser par une accentuation rythmique lourde et dépouillée, sur une mélodie squelettique et une ligne de basse mise en valeur avec tous les effets qui vont alors permettre au disc-jockey de faire un spectacle sonore très accrocheur. D'autres artistes signeront des compositions intégralement dub qui achèveront de populariser le mouvement tels Linton Kwesi Johnson fer de lance de la "dub poetry" ou Augustus Pablo qui, dans un album produit par King Tubby, fit connaitre le mélodica au monde entier. Errol Thompson enfin, enregistre le premier disque de reggae intégralement instrumental en 1970.
Autour des années 80 de nombreux musiciens et groupes de reggae se sont mis à développer de nouvelles techniques de production qui firent grandement avancer le dub par la suite. Il faut citer le groupe The Revolutionaries ou les artistes Prince Jammy et Scientist, qui multiplient les effets (notamment l'equalizer) sur leurs morceaux. Le célèbre couple rythmique Sly & Robbie fut également à l'origine des rythmes "rockers" qui donneront les "steppers" du dub des années 90.
Le dub restera cette variante du reggae pendant vingt ans, avant de connaître un nouvel essor au Royaume-Uni où de nombreux labels anglais signaient des groupes de ska jamaïcains dans les années 60. Ainsi de nombreux artistes s'expatrient en Angleterre où ils nouent des liens avec les groupes de punk locaux. Sex Pistols, The Stranglers, Killing Joke ou The Clash signent alors quelques titres dub et d'importants rassemblements se développent en "Punk Reggae Parties". Mad Professor et Adrian Sherwood sont aussi les symboles vivant de cette époque. Le premier commence à produire du dub dès 1980 sur son label Ariwa. Il développe le style "dub stepper" en appliquant des techniques de production très modernes sur des riddims originaux. Ses remixes lui confèrent une notoriété internationale qui lui a permis de collaborer avec de nombreux artistes de styles différents (Massive Attack, Baba Zula, Horace Andy, Mafia & Fluxy...). Sherwood, fan de reggae, de punk et de musiques underground co-fonde le label Carib Gems (Black Uhuru) en 1975 puis en 78 Hitrun Records (Prince Far I et Roots Radics) et enfin le label ON-U Sound en 1980. Jusqu'alors, le dub était cette musique remixée, jouée par les sound-systems jamaïcains. Avec On-U Sound Records, il devient une musique à part entière, nourrie d'expérimentation, qui s'écoute autant qu'elle se danse. Il faut retenir les nombreuses expérimentations alors menées par les chanteurs Mark Stewart et Prince Far I ou par les groupes The Slits et Depeche Mode. On-U Sound révèle aussi la formation Dub Syndicate qui enregistrera le premier album où les techniques de production popularisées par King Tubby seront utilisées comme base de création musicale et non de remixage.
Après l'assassinat de King Tubby le 6 février 1989, le dub connaît une nouvelle impulsion par le mariage avec les sonorités de la musique électronique. Une série de groupes britanniques développent alors un son plus radical et violent que le dub originel en utilisant des tables de mixage, des boîtes à rythmes et des synthétiseurs. Il faut par exemple citer Iration Steppas, The Disciples, Zion Train, Alpha & Omega qui sont alors les pionniers d'un style neo dub multipliant les innovations grâce aux techniques nouvelles. Puis, les années 90 voient se créer un grand nombre de home studio avec des projets dub novateurs et le style se développe lentement avec de plus en plus d'artistes n'appartenant pas à la scène reggae classique. Le groupe The Orb produit le premier "dub ambient", instigateurs d'un style très prisé à l'heure actuelle. La scène allemande apparait avec le Dj Burnt Friedman ou les groupes Pole et Rhythm & Sound pour un son "dub minimaliste" truffé de grésillements et autres bruits parasites. Le batteur Mick Harris des Napalm Death invente un dub "industriel" avec son groupe Scorn. Des projet de "dub hybride" naissent : le groupe autrichien Sofa Surfers développe un dub planant orchestré comme une musique de film, les musiciens de Bad Brains agrémentent leurs disques de morceaux reggae/dub (avant de consacrer un album entier au genre) et le bassiste Bill Laswell devient un producteur des plus prolifiques avec d'innombrables collaborations.
En France, il semble que ce soit le groupe de metal industriel parisien Treponem Pal qui fut le premier à développer un son dub en France. L'album Higher paru en 1997 propose une fusion novatrice qui sera à l'origine du mouvement "novo dub" (appellation qui cependant ne trouve pas d'echo sur un plan international). De nombreuses formations naissent à la fin des années 90 produisant un son "live", par opposition au dub conçu avec des machines. Les musiciens, souvent passés par des groupes de rock underground, confrontent le style avec une multiplicité de genres musicaux. Il convient de citer les groupes High Tone, Improvisators Dub, Zenzile, Dub Wiser, Brain Damage, Kaly Live Dub qui sont à l'origine d'un véritable renouveau du dub en alliant l'énergie live des instruments avec des expérimentations sur le son, des samples, des scratchs et beaucoup d'effets. Des formations tels Ez3kiel ou Lab° travaillent sur une fusion entre le dub et le rock instrumental, le groupe Löbe Radiant Dub System sera également le premier à mêler des instruments traditionnels aux sonorités électroniques actuelles.
Si la scène française peine à se faire une réputation internationale, elle n'en est pas moins à l'origine des plus récentes innovations portées aux techniques de production sur le dub. L'approche du genre devient encore plus radicale avec des emprunts de plus en plus marqués à la musique électronique et au metal, mais aussi aux sonorités breakbeat, Hip-hop et Drum'n'Bass.
Le genre n'est donc plus à l'heure actuelle une ramification du reggae mais bien un style musical à part entière qui s'est ainsi développé aux quatre coins de la planète avec des musiciens aux influences musicales et aux origines sociales ou culturelles complètement différentes. Si la base commune reste le reggae, le son produit devient de plus en plus riche et varié. Nous pouvons dénombrer une multitude d'ambiances, jazz ou rock, proches des musiques de transe ou des sonorités tribales, parfois chaleureuses ou parfois très sombres et avec aujourd'hui un apport électronique important.
L'univers du Dub
Le dub est une musique qui a la particularité de pouvoir être jouée avec des machines, par un groupe en live, ou uniquement par un dj qui mixe ses vinyles. La musique peut ainsi être sobre et épurée comme riche en instruments. Nous pouvons différencier plusieurs styles de dub :
* Le roots dub : remix "dub plates" de riddims originaux. C'est le premier dub, les premières expérimentations originellements produites sur les faces B des vinyls.
* Le dub poetry ou spoken voice : qui regroupe le dub et la poésie. C'est un peu le retour des partitions vocales dans le dub, un style souvent écarté par les puristes car il rappelle en fait le reggae.
* Le dub instrumental : reggae exclusivement sans paroles, avec ou sans écho (dont les précurseurs furent The Crystalites, backing band de Derrick Harriott).
* Le dub stepper : le "pied" ou beat est nettement mis en valeur. Sur une mesure à quatre temps la grosse caisse marque chaque temps de façon cyclique. Ce son est plutôt qualifié de britannique après l'apparition d'artistes comme Mad Professor au Royaume-Uni.
* Le dub ambient ou abstract-dub : souvent produit par un artiste seul aux machines, ce style bénéficie d'un gros apport d'électronique où l'ambiance sonore est planante. Parfois nommé "Dark Dub" le son se caractérise par des mélodies poignantes et mélancoliques (dont les précurseurs furent The Orb).
* Le dub techno ou dub minimaliste : produit le plus souvent par des artistes issus de la scène Techno et/ou House underground, le style se reconnaît grâce à une structure musicale extrêmement épurée. Les mélodies sont réduites, sur une section rythmique très simple. La scène électronique allemande reste la plus représentative de ce son, avec par exemple le groupe Rhythm & Sound et l'ensemble des productions du label Basic Channel.
* Le novo dub : joué par des instruments en live (par opposition au remix) avec beaucoup d'effets comme le delay ou le cut-off. Les parties de batterie sont souvent agrémentées de beats à tendances hip hop ou drum'n'bass et de nombreux scratch ou samples étoffent les morceaux. Ce son est en plein essor avec une scène française très développée.
* Le dub hybride : le dub n'est plus qu'un prétexte, une base sonore (tenue par la ligne de basse) pour fusionner avec tous les autres genres musicaux. Nous voyons ainsi apparaitre de nombreux groupes fusionnant par exemple avec le metal, le smooth jazz ou la musique traditionnelle orientale.
* Le dubstep : né au sud de Londres, le dubstep s’est développé sur la base d’atmosphères urbaines et futuristes avec des polyrythmes sur un tempo généralement situé entre 130 et 140 bpm. La prédominance des fréquences dites "sub-basses" permet à cette musique d'être autant perceptible par les oreilles que par le reste du corps.
Sources
http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil
http://www.lamediatheque.be/ |
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